samedi 8 février 2014

L'amour a un prix

Publié par V pour Vend des Tas. à 20:13
J'ai eu la chance d'interviewer L pour LamourCestAussiDeLargent.

Escort indépendante de son état. L. va se lancer dans une agence.
Toutes les deux, nous sommes revenues sur ses débuts, ses expériences et son ressenti à propos de son activité.
On avait pas de thé, mais c'est pas grave, on s'y serait crue !

Rien n'est rose, rien n'est noir. Tout est gris.
Pour commencer, le mieux c'est le début, comme je dis souvent.

L. a débuté simplement. Parce qu'elle avait besoin d'argent, les crédits s'accumulent, elle vit seule depuis ses 16 ans. Il faut s'assumer financièrement et ce n'est jamais facile. Les études etc... Vous le savez aussi bien que moi.

Faire les ménages ? C'est ingrat selon elle, et je suis d'accord. Nettoyer la merde des autres, ce n'est pas glorieux et moi non plus je ne le ferais pas. Alors qu'on peut être payé bien plus pour faire plaisir. Pourquoi s'embêter ?

Comment commencer  à être escort ?
Il vous suffit d'investir 60e sur VivaStreet dans la catégorie Erotica ou sans lendemain.
60e certains diront que c'est cher. Mais c'est le prix d'un mois d'abonnement sur E-Darling comme je l'avais expliqué dans mon article . Alors y'a deux poids deux mesures.
Le référencement est leur atout, ils mettent un max d'argent dessus. Vous êtes certaines que vous serez vues ( les hommes c'est pareil).
D'ailleurs, les filles, les mecs ne sont pas très chers par rapport aux nanas... Je dis ça... je dis rien.
Bien sûr il y'a d'autres sites tels que Escort-Eden. Qui a un excellent référencement aussi.

Les tarifs ?
Les tarifs de L sont de 150e l'heure et 250e les deux heures. Bien sûr cela varie selon les demandes que j'expliquerais plus tard.

Elle est dans la moyenne. Forcément vous trouverez plus cher parce que les filles sont des professionnelles et non des occasionnelles. Quand je dis professionnelles, cela veut dire qu'elles enchainent les rendez-vous. Elles ne font QUE ça.

L. reste dans l'occasionnel. C'est seulement pour payer les factures et se payer ce dont elle a envie.

Comment cela se passe pour la prise de contact ?
Les mecs envoient des mails avec leurs demandes (spécifiques s'il y'a). Ils demandent le prix, avec ou sans capote. Certains hommes, en effet, aiment l'esprit nature, le danger. Man vs IST.
Bien sûr, L c'est niet direct. Faut pas déconner, le mec fait appel à des escorts, elles ne sont pas toutes cleans.
Ils racontent souvent qu'ils ont besoin d'affection (perte de leur femme, divorce,...)


Elle, en retour, demande s'ils ont une demande particulière telle que lingerie, robe, talons? En général les mecs demandent toujours les talons (et souvent qu'elle les garde pendant le rapport).

Et ensuite ?
Oui les hommes qui font appel aux escorts, ce n'est pas QUE pour le sexe, dans la majorité des cas ils demandent à parler 20 min en moyenne avant le rapport. Ils ont besoin de se sentir écouter, épancher leurs nombreux malheurs. Que de désespoir dans la vie des hommes (moment kleenex).
Mais l'avantage de ces hommes, c'est qu'ils sont tendres et très respectueux. Limite gênés et timides. Ils n'osent pas faire le premier pas. Très maladroits, ils demandent "Peux-tu enlever ta robe?".
À la sortie de l'hôtel, oui c'est souvent hôtel, ils glisseront un timide " à la prochaine fois".
Pour recevoir des caresses, et surtout une épaule pour y pencher la tête et parler.

D'ailleurs l'hôtel, L. n'aime pas vraiment. Elle me dit que si on la filmait, on pourrait croire une gosse perdue cherchant son père dans la foule. Elle ne veut pas être prise pour ce qu'elle est à ce moment là. Avec son sac et toute apprêtée.
Surtout parce que les hôtels c'est très cliché.



Certains proposent plus de 1300e pour vivre avec eux. Être leur compagne. Un petit salaire sympa. Sachant que les mecs subviennent aux besoins et aux moindres envies. 

L. choisi bien, elle n'a pas eu le malheur de tomber sur un homme "difficile" qui lui balancerait : Déshabille toi ! Touche toi !  etc...

   
   


Ce genre de mec, L est comme moi, on les sent venir de loin. Très loin. Donc elle filtre. Elle filtre aussi les demandes étranges. Scato, uro et j'en passe et des pires.


Un homme, son premier, bourgeois de son état. Premier rendez-vous au restaurant, il paye l'addition mais ne demande rien. C'était un rendez-vous d'introduction, dirons-nous. Ce n'est qu'au quatrième rendez-vous qu'il lui demande : "Ca te dérangerait d'aller chez moi ?"
Un homme "à l'ancienne".

Un souvenir de cet homme ?
Quand il l'a emmenée à un barbecue. Ça puait le fric, une horreur pour elle.
Elle ne savait pas comment se présenter. Normal, on peut se dire. Une fois aux toilettes, elle y croise une femme. Elle avait compris ce que L. représentait. L. se sentait Cosette, la pauvrette arrivait dans un monde qui se voulait trop grandiose pour elle.



Elle se sentait humiliée de par le ton que l'autre grognasse de bourgeoise utilisait pour lui parler : "Je travaille chez YSL, et ton tatouage (cf son avant-bras avec une tête de loup)  ca ne passerait pas". Vous voyez comme moi qu'il n'y a aucun intérêt à balancer cela, à part pour t'en mettre plein la vue et te remettre à ta place. 
Un monde rempli de clichés. 

Cet homme elle l'aime bien, il est gentil. Maintenant il a une compagne. Et L. a peur. Peur que cette femme le berne et se moque de lui. Trop gentil. 


En général ?

Les hommes qu'elle voit la font rire. Si maladroits, gênés. Ils lui parlent comme si elle était une grande dame. Ils s'excusent même quand ils ne durent pas longtemps.
Un homme a d'ailleurs osé demander à se faire rembourser parce que le "rendez-vous" n'avait duré qu'une demi-heure. En même temps, il ne voulait pas discuter. Il a joui vite. À qui s'en prendre ?
Elle a bien entendu refusé.

La formule 30min est d'ailleurs très répandue. Mais pour faire 30min, honnêtement, autant aller aux putes direct.
Ce que rétorquent d'ailleurs la plupart des mecs qui lui disent qu'elle est trop chère. "Les putes au Peuple Belge elles font ça pour 30e." J'ai envie de dire, ouais mais à ce prix là elles font cadeau des maladies. C'est Noël ! Et puis, pour y être déjà passée pour aller à l'Australian, certains hommes ont une bite aveugle.
Comme les mecs qu'elle trouve moches à qui elle dit non après avoir vu leurs photos. Elle a le droit aux insultes "T'es qu'une pute, t'as pas à faire la difficile !". Sauf que L. a le choix ! Pourquoi s'emmerder avec des mecs avec qui elle n'aurait pas une once d'envie.

Oui, en tant qu'escort, à moins d'être grave dans la merde, vous avez le choix !

Une anecdote ?


Elle se fait inviter à Paris par une amie qui gagne 5000 à 6000e pour se faire passer pour la copine d'un homme. Mais pas un inconnu. C. pour Combientucoûtes, fils d'une grande marque de cosmétique, très friand des escorts. (Oui, chez Fourre-Tout, on fait aussi le People). 
Elle y voit un train de vie de malade. Des partouzes, des orgies à n'en plus finir. Surprise, elle y rencontre son ex. 
C'était sa première partouze. Super gênée, elle buvait, buvait pour se sentir plus à l'aise mais rien y fait. Quand on n'a pas le même trip' ce n'est pas la peine. Elle n'a rien fait.



Ça rapporte?
Oui. Quand même. L. peut se faire jusqu'à 1500e pour un mois l'été. Parce que l'été on a le temps, on n'a pas les études.
L. tâte l'argent dans l'enveloppe pour voir si la somme est à peu près là. Mais elle ne regarde vraiment qu'une fois sortie de l'hôtel. Ils payent toujours en petites coupures. Et puis parce que ça ne se fait pas de sortir l'argent. Et je suis d'accord.
Il faut faire oublier au mec qu'il a payé. Sinon t'es pas pro'. Même chez les occasionnelles.

Vous allez me demander : Comment elle fait avec cet argent? Où le met-elle ? Et bien pas dans son cul c'est certain. Elle le met à la banque tout naturellement. Que pense sa banquière ? Rien. 1500e ce n'est pas assez pour inquiéter n'importe quel banquier. C'est un salaire de base aujourd'hui.


Le ressenti ?

L. n'a pas mauvaise conscience, elle est occasionnelle. Elle se définit comme une vulgaire pute et moi ce n'est pas comme ça que je la vois. Parce qu'elle n'a rien à voir. Elle est intelligente, drôle, cultivée, pragmatique et naturellement très jolie. 
Elle aime le côté touchant autour de l'acte, écouter. C'est aussi être psy. Certains ont des histoires qui lui  feraient verser une larme de compassion.
Elle se définit elle même comme "pute assistante sociale" (terme, perso, que j'adore). 
Elle joue un rôle, elle parle différemment avec les hommes qu'elle voit. 

Mais l'escort, elle sait que c'est pour le nécessaire et pas pour faire comme sa copine T pour Tumefilestonfric. 

T. est un autre cas. Quand tu la vois, tu sais ce qu'elle fait dans la vie. Tout les deux jours, elle couche pour le fric. Elle, T., ce qu'elle aime, c'est le fric. Elle dépense, ne garde rien. Un gros problème de gestion de l'argent donc. Les demandes ? Elle accepte tout ! Uro, scato, sado. Elle s'en fiche. 
Malheureusement elle ne pense pas à l'après ! 
Escort c'est comme mannequin (moins les fringues), ça ne dure pas une vie! 
T. n'a pas de diplôme, elle ne cotise pas pour la retraite, ne met rien de côté pour les mauvais jours... 
Vu les milieux qu'elle fréquente, L. a peur que T. tombe dans la drogue, dans un cercle infini. Parce qu'elle est fragile. 
"C'est une vraie pute mais c'est une bonne pute !". L. adore T.  malgré le fait qu'elle soit différente dans leur manière de bosser, de voir la chose. 



En conclusion ?
"Il faut arrêter de croire que l'escort c'est comme dans les reportages, comme à la télé, ça n'a rien à voir!
C'est de l'argent facile, 200e en une heure...Mais c'est aussi un piège qui pourrait léser plus d'une fille un peu dépensière n'ayant pas la tête sur les épaules".


  

3 commentaires :

Anonyme a dit…

Comme quoi la misère sexuelle et affective des hommes est loin d'être un mythe, je ne suis pas pressé de vieillir...

Flo a dit…

Pas facile d'en parler L, tu es bien courageuse ...

Je me reconnais dans le portrait de ces clients tendres/timides & respectueux, "mes L", occasionnelles, je les chouchoute, parfois même plus que certaines filles que je rencontre sur AUM, ou ailleurs. Certaines étaient d'ailleurs déjà passées sur mon profil, et en répondant à leur annonce viva uniquement textuelle (je ne recherche pas les pros avec photos) étaient surprises de me retrouver là (et oui, je ne sais pas me vendre en ligne sur mon profil).

J'ai juste envie, en tant que célib, pas encore trentenaire, tombant trop vite en friendzone de par mon comportement, ayant des groupes d'amis majoritairement en couple, groupes qui ne s'agrandissent pas pour permettre de rencontrer de nouvelles têtes, de passer, de temps à autre, de bons moments -blablatage sympa/bouffe/bon verre/ et amusements- en tête à tête, sans avoir à échanger 50 messages/sms ou autre avant qu'une demoiselle daigne m'accorder un rendez-vous.

Anonyme a dit…

Salut V

Autant sur le précédent post, tu étais désabusée, autant je te trouve un peu cynique sur celui là.

d'habitude, tu mets de la distance avec tes sujets, un humour de bon aloi. Là c'est frontal, sans filtre. L vend son corps pour ses études et ses factures, c'est banal...

Je sais que c'est une réalité, mais à te lire, elle a fait "un bon choix", c'est glaçant.je sais que l'on vit dans une société de consommation, mais tu franchis ma ligne jaune sans sourcilier.

C'est peu être une question de génération, je crois que je deviens un vieux con ;-)

Au plaisir.

M

Enregistrer un commentaire

Une histoire coquine (ou pas) à faire partager ? :)

 

Histoires du Soir Template by Ipietoon Blogger Template | Gadget Review